mercredi, 17 septembre 2008
"Je ne crois pas un mot du gouvernement qui dit que la crise s'arrêterait à nos frontières."

François Bayrou a affirmé jeudi à Bordeaux "ne pas croire un mot du gouvernement qui dit que la crise financière actuelle s'arrêterait à nos frontières" soulignant que "plus vite le gouvernement arrêtera de nous dire que la crise ne touchera pas la France et mieux ce sera. Il y a des moments où la lucidité est un devoir. La crise a la dimension d'un tremblement de terre à l'échelle du monde et croire que les tremblements de terre s'arrêteront à la frontière française, c'est à peu près une réflexion du même genre que celle qui disait que le nuage de Tchernobyl s'arrêterait à la frontière française, c'est une blague. La crise devant laquelle nous sommes, c'est une remise en cause des vingt dernières années du capitalisme international qui est désormais vicié jusqu'à sa racine car il a multiplié les opérations hasardeuses et la recherche du rendement de court terme."
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jeudi, 04 septembre 2008
Intervention de Bernard Lehideux sur le "paquet social"
Bernard Lehideux est intervenu mardi 2 septembre 2008 en séance plénière du Parlement européen pour réagir au "Paquet social" proposé par la Commission européenne. Il s'agit d'un ensemble de 19 textes de nature très différente, puisque sont rassemblés des propositions de directives, mais aussi des communications, des rapports, et même des documents de travail....
Bernard Lehideux a néanmoins reconnu que la Commission avait "enfin utilisé son droit d'initiative sur des sujets importants, et va dans la bonne direction".
Il a ensuite interpellé le Conseil. Pour lui, "Chacun sait que le Parlement sera exigeant et cherchera à élaborer des textes novateurs répondant aux besoins des citoyens européens. En sera-t-il de même du Conseil ? Nous savons que l'on peut en douter."
Bernard Lehideux a poursuivi en mettant en garde contre "les effets d'annonce qui accouchent de textes ambigus et non contraignants" qui "décrédibilisent gravement l'action de l'UE".
Il a insisté sur trois dossiers en particuliers :
- La lutte contre toutes les formes de discriminations en rappelant que la proposition de la Commission n'était pas au niveau des exigences du Parlement ;
- les comités d'entreprises : Il a prévenu que les Députés du Mouvement démocrate seront "attentifs à ce que le texte clarifie les compétences transnationales des comités d'entreprise. La consultation des partenaires sociaux est en effet de plus en plus cruciale en cas de restructurations dans les entreprises intervenant dans plusieurs pays de l’Union." Ils veilleront également "à ce que la consultation des salariés puisse intervenir en amont des restructurations, et que les comités d’entreprises disposent des moyens de se prononcer sur des questions souvent très techniques" ;
- les SSIG : Pour Bernard Lehideux, "nous avons assez perdu de temps dans ce domaine. Les opérateurs sont dans le flou. L'incertitude juridique est maximale et nuit à la qualité de services qui sont absolument nécessaires à la cohésion de nos sociétés. Pourtant, nous nous apprêtons à perdre une année supplémentaire... Ceci n'est pas responsable."
Il a conclu en regrettant donc que "le travail de la Commission qui paraît large et balayant beaucoup de domaines d'action est insuffisant, parce qu'il laisse volontairement de côté des points essentiels" et en demandant à ce que "le paquet social ne soit qu'une étape." Il s'est dit convaincu que "la méthode ouverte de coordination avait atteint ses limites dans un certain nombre de domaines" et qu'il fallait "décider d'aller vers davantage de coopération, mais aussi vers d'avantage d'harmonisation dès que cela est possible."
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François Bayrou choqué que l'Etat, "qui n'a plus un sou", enrichisse Bernard Tapie
François Bayrou s'est dit choqué, mercredi, que l'Etat, "qui n'a plus un sou", ait permis à Bernard Tapie de s'enrichir "aux frais du contribuable" grâce à l'arbitrage rendu en sa faveur dans son litige avec le Crédit Lyonnais. "Voilà un Etat qui n'a plus un sou dans ses caisses et qui donne le moyen à M. Tapie de rembourser ses dettes et d'être l'une des toutes premières fortunes françaises aux frais du contribuable, sans qu'il y ait eu de décision de justice et même contre les décisions de justice", a déclaré François Bayrou, en marge des auditions des protagonistes de l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale...
Un tribunal arbitral a condamné le 7 juillet le Consortium de réalisation, l'organisme public chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d'euros à l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie.
Cette somme devant être majorée des intérêts (105 millions) et des frais de liquidation (15 millions), le coût brut pour l'Etat s'élève à 405 millions d'euros. Mais, compte tenu des dettes du groupe Tapie à l'égard du Crédit Lyonnais et du fisc, et après acquittement de l'impôt à l'Etat, le bénéfice final pour M. Tapie (avant frais d'avocat) devrait être compris entre 106 et 144 millions, selon les estimations du député Nouveau Centre Charles de Courson.
"400 millions d'euros, c'est l'équivalent de la totalité des franchises médicales pendant plus de six mois, c'est un pactole", s'est insurgé François Bayrou.
Le président du MoDem, qui n'était pas membre jusqu'à présent de la commission des Finances, a annoncé qu'il en ferait désormais partie en remplacement du député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle.
Les auditions devaient se poursuivre mercredi après-midi. Si la voie de l'arbitrage a permis de mettre un terme définitif à une procédure de treize ans, elle a suscité de vives critiques. François Bayrou s'est montré particulièrement offensif dans cette affaire, dénonçant les "protections au plus haut niveau" dont aurait bénéficié selon lui Bernard Tapie dans le règlement de ce litige. "Qu'il y ait eu protection ou favoritisme, personne n'en doute", a-t-il redit mercredi.
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La lettre de François Bayrou contre Edvige
Voici une copie de la lettre que François Bayrou a adressé le 1er septembre aux maires de France pour protester contre le fichier Edvige, appuyant le recours déposé par le député au Conseil d'Etat :
"Madame le Maire, Monsieur le Maire,
J’ai souhaité m’adresser directement à vous, élue ou élu de la République, en raison d’une décision grave, à laquelle il me semble que nous devons réfléchir, comme représentants du peuple et comme citoyens.
Le 1er juillet dernier est paru au Journal Officiel un décret (n° 2008-632 du 27 juin 2008) que vous pouvez consulter directement à l’adresse internet suivante : www.journal-officiel.gouv.fr.
Ce décret décide la création d’un fichier informatisé, centralisé, national, dénommé EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) destiné au recueil d’informations confidentielles, à caractère personnel, sur deux séries de personnes.
Une première catégorie concerne des profils de délinquants, notamment dans des organisations ou des bandes. Cette catégorie a donné lieu à discussion en raison de l’ampleur de ce fichier qui peut concerner des mineurs jusqu’à l’âge de treize ans. Cette discussion est fondée mais elle n’est pas l’objet de ce courrier.
La deuxième catégorie de personnes concernées par ce fichage est l’ensemble des Français qui exercent un mandat électoral, en ont exercé un, ou ont même simplement été candidates à un mandat. Sont également en cause les responsables syndicaux, économiques, sociaux ou religieux.
Comme vous le verrez en lisant ce texte, les adresses personnelles, les numéros de téléphone, les adresses électroniques, les signes physiques particuliers, l’ immatriculation des véhicules, les informations fiscales et patrimoniales, et toutes les données relatives à l’entourage, aux relations personnelles seront désormais fichés à l’intention du Gouvernement, de ses représentants ou des différents services de police. Plus outrageant encore : on annonce (communiqué de la CNIL du 2 juillet 2008, consultable sur le site www.cnil.fr ) que les données concernant l’ orientation sexuelle ou la santé pourront être enregistrées « de manière exceptionnelle » (sic).
Chacun mesure la gravité d’une telle décision. Nous devons en particulier nous poser plusieurs questions :
• Qu’est ce qui peut justifier, dans une démocratie, que l’on fiche ainsi, en recueillant des données confidentielles, les élus, les anciens élus, les candidats aux élections, les responsables économiques, sociaux, syndicaux et religieux ? Les élus du peuple, les animateurs de la vie sociale, indispensables à la vie d’une démocratie, devraient au contraire être protégés à l’égal des autres citoyens contre toute atteinte à la vie privée.
• Mesure-t-on bien quelle arme d’influence on met entre les mains des pouvoirs, présents et à venir, dès l’instant qu’ils disposeront, en quelques clics, de tout ce qui concerne la vie privée, personnelle, familiale, parfois intime, des candidats et des élus ?
• Dans quel type de société nous amènera-t-on si nous acceptons que de telles pratiques soient permises et favorisées ?
Pouvons-nous, comme élus et comme citoyens, accepter sans rien faire une pareille dérive ? Pour moi, en tout cas, la réponse est non.
C’est pourquoi j’ai décidé de saisir le Conseil d’État. D’autres responsables ou d’autres associations vont le faire aussi.
Mais j’ai la conviction que seul un mouvement de refus républicain peut faire barrage à une décision déjà prise. Un recours au Conseil d’État aurait un poids accru s’il était appuyé par un grand nombre d’élus ou d’anciens élus, sans distinction de fonctions ou d’étiquettes politiques, qui viendraient se joindre à ce recours (1).
Si vous partagez cette inquiétude, et si une pareille démarche républicaine vous paraît justifiée, je vous propose de consulter sur notre site Internet tous les documents, le texte des recours que nous avons déposés, et d’y indiquer éventuellement votre volonté de les soutenir. Nous avons aussi ouvert une boîte postale.
L’adresse du site est : www.lesdemocrates.fr (rubrique : recours edvige) ; la boite postale est « Recours BP 2 Assemblée nationale 75355 Paris 7 SP».
Je crois profondément qu’il est des risques que les Républicains, quelle que soit la diversité de leurs opinions politiques, ne peuvent pas accepter. C’est l’objet de cette démarche. Je vous remercie de l’attention que vous aurez portée à ce courrier et vous prie de croire à mes sentiments chaleureux."
François BAYROU
(1) Un tel appui est désigné en termes juridiques sous le nom d’intervention. Vous trouverez sur le site un modèle de document. Et vous pourrez y ajouter votre propre argumentaire
Consulter le rapport de la CNIL : http://www.mouvementdemocrate.fr/evenements/telechargemen...
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Bayrou : "Mon conflit de valeurs avec le président"
Propos recueillis par Eric Branca et Josée Pochat, le 04-09-2008
lu sur : http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3198
Politique économique, sociale, internationale : le président du MoDem marque, sans concessions, ses différences avec Nicolas Sarkozy.
Il se souvient du temps où on l’accusait de flirter avec la gauche quand, au coude à coude dans les sondages avec Ségolène Royal, il ne récusait pas l’idée de gouverner avec des personnalités de gauche s’il était élu. Depuis,Nicolas Sarkozy a intégré d’anciens socialistes dans son gouvernement et a choisi, contre toute attente, de “taxer le capital”. Ce que lui, François Bayrou, n’a jamais proposé. Le voici donc redevenu, par la force des choses, ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un vrai centriste, fier d’avoir mis en garde contre les “promesses intenables” (baisser les impôts quand le déficit obère toutes les marges de manoeuvre) mais plus que jamais opposé à une augmentation des prélèvements,plus sûr moyen, selon lui, de ralentir encore la croissance et de décourager les classes moyennes sur lesquelles “tout repose”.
Pour autant, François Bayrou se défend de vouloir fonder son opposition à Nicolas Sarkozy sur les contentieux du passé. Certains de ses plus proches amis ont préféré devenir ministres plutôt que de risquer l’oubli en entreprenant à ses côtés, une “salutaire” traversée du désert ? Il préfère en sourire – même s’il n’en pense pas moins… Et regarde sans déplaisir les sondages qui le pla- cent invariablement dans le peloton de tête des hommes politiques d’avenir.
Lui rappelle-t-on que ses 18 % à l’élection présidentielle de l’an dernier ne se sont traduits, mode de scrutin oblige, que par trois députés MoDem à l’Assemblée ? Il se souvient de De Gaulle, marginalisé par la IVe République, au point d’en devenir le plus illustre des proscrits,et qui, en 1958…
Référence commode ? Pas seulement.Car s’il reste fidèle au corpus démocrate chrétien du centrisme français (méfiance envers l’argent roi, hérité de la doctrine sociale de l’Église, mais défense d’une liberté économique qui garantisse à chacun le fruit de ses efforts), il assume une différence de fond avec ses grands anciens, à com- mencer par Jean Lecanuet : la sortie du commandement militaire intégré de l’Otan décidée par de Gaulle doit rester pour lui un fondamental de la politique étrangère française.
Tel n’est pas le moindre de ses désaccords avec Nicolas Sarkozy, dont il ne ménage pas la politique et plus encore, les valeurs, dans l’entretien qui suit, réalisé à la veille de l’université d’été du MoDem, réunie ce week-end au cap Esterel (Var).
Confiant plus que jamais en son étoile, François Bayrou y délaisse volontairement la tactique pour se concentrer sur les sujets de fond. Parce qu’il sait qu’à trois ans et demi de l’élection présidentielle, il serait imprudent de tirer des plans sur la comète. Sans doute aussi parce qu’il a médité, de longue date, la devise d’Henri IV, sa référence historique absolue : «Ce qui doit arriver ne peut manquer ».
À l’heure où le parti socialiste s’épuise en querelles internes, votre image devient celle de l’opposant le plus farouche en même temps que le plus constant à Nicolas Sarkozy… Attention à ne pas nous tromper de sujet. Je n’ai aucune hostilité personnelle envers Nicolas Sarkozy, encore moins de contentieux. Ce qui nous oppose est à la fois plus simple et plus grave : je ne me reconnais ni dans ses valeurs, ni dans la manière dont il conçoit et exerce le pouvoir. La société qu’il veut, sur le modèle américain, la rentrée dans le commandement de l’Otan et tous les pouvoirs dans sa main, jusqu’à l’arbitraire comme on le verra dans l’affaire Tapie ou dans le fichier Edvige, qui veut mettre à la disposition des gouvernements des renseignements privés sur tous les élus, responsables économiques, syndicaux et religieux, concernant leurs relations personnelles, leur patrimoine, leur situation fiscale, leur santé ou encore leur vie sexuelle… Tout cela ce n’est pas la France.
Quand vous parlez de conflit de valeurs, à quoi pensez-vous concrètement ? Une des phrases souvent répétées de Nicolas Sarkozy avant et après son élection aura été : « Je veux réconcilier la France avec l’argent parce que l’argent c’est la réussite. » On a toujours su que l’argent était important. Comment l’ignorerions-nous ? Les pauvres et même les classes moyennes sont payées, si j’ose dire, pour le savoir. Mais considérer que l’argent c’est la réussite, c’est une incroyable confusion des valeurs. Et les scientifiques ? Les soldats ? Les philosophes ? Les spirituels ? Les professeurs ? Dans un pays, il n’y a pas que les réussites de l’argent. Les plus importantes des réussites pour une nation, elles sont souvent en dehors du monde de l’argent. C’est la même confusion qui le voit fasciné par les vedettes du showbizz, les célébrités éphémères, comme quand il amène Bigard en visite chez le pape. De la même manière, sa volonté de contrôler tous les pouvoirs, en particulier les médias. Je lisais l’interview d’un responsable de la télévision allemande, expliquant pourquoi Angela Merkel n’aurait jamais pu le nommer président de chaîne. Pour une telle nomination en Allemagne, c’est un conseil de 77 personnes, représentants des seize Länder et de la société allemande. Il soulignait qu’il n’était pas imaginable que le pouvoir central s’arroge le droit de nommer lui-même le responsable de la télévision. En France,Nicolas Sarkozy établit la confusion en nommant le président de France Télévisions, véritable retour à l’ORTF. Quand Nicolas Sarkozy dit « c’est la télévision de l’État, j’ai bien le droit de m’en occuper », il fait un lourd contresens. Il ne s’agit pas, contrairement à ce qu’il croit, de la télévision de l’État, encore moins de celle du pouvoir, mais d’un service public, appartenant à chacun des citoyens qui s’acquittent de la redevance. Il devrait y avoir un mur de verre entre le pouvoir et la télévision.
Vous avez également violemment réagi cet été à ce qu’on a appelé l’affaire Tapie. C’est selon moi l’un des scandales les plus importants des décennies écoulées. Plusieurs fois condamné, surchargé de multiples dettes vis-à-vis de l’État, de partenaires commerciaux et de l’Urssaf, M. Tapie va recevoir une indemnité de 400 millions d’euros lui permettant, une fois toutes ses dettes remboursées, de devenir l’un des Français les plus riches, grâce à l’argent du contribuable.Mais que devait l’État à Bernard Tapie ? Rien. Rappelons que Bernard Tapie était incapable de rembourser l’emprunt qu’il avait contracté pour acheter Adidas, sans y mettre un franc de sa poche. Pour ne pas mettre Tapie en difficulté alors qu’il était membre du gouvernement socialiste, on lui a fait le cadeau, au lieu de saisir ses actions, d’organiser une vente qui lui a laissé un bénéfice de 200 millions de francs ! Plus incroyable encore, Adidas a été revendu au prix que Tapie avait luimême fixé. Comme le Crédit Lyonnais ne trouvait pas d’acheteur, la banque a garanti les repreneurs, acceptant ainsi de porter le risque seule.Et quinze ans après, c’est le jackpot, on lui alloue 400 millions d’euros de la poche du contribuable ! Et cela alors que la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, s’était prononcée solennellement contre. Tout cela sur ordre direct du pouvoir. Je ne sais pas quel est le mobile.Mais 400 millions d’euros, c’est une somme astronomique, l’équivalent par exemple de six mois de franchises médicales payées par l’ensemble des assurés sociaux français. S’il existe un peu de démocratie en France, on ne peut pas laisser passer un tel abus de pouvoir.
Quel jugement portez-vous sur l’annonce faite de taxer le capital pour financer le RSA ? Ce sont les classes moyennes qui sont ciblées et les plus riches qui sont épargnés. Cette taxe dite sur le “capital” est en réalité une taxe sur les épargnants, les petits propriétaires immobiliers et les locataires. Alors, naturellement, la gauche applaudit, comme à chaque fois qu’elle entend “Taxons le capital”, dans une sorte de réflexe pavlovien.
Pour autant, la réflexion n’est pas conduite jusqu’à son terme. Qui possède un contrat d’assurance vie ? Ce sont des salariés, des artisans, des commerçants, qui ont mis de côté pour leur retraite. Qui va payer dans l’immobilier, forcément ce seront les locataires. Tout cela revient à instituer un nouveau prélèvement sur les classes moyennes, sans que les plus riches y soient assujettis puisque le bouclier fiscal les protège.
Où est la rupture ? Une nouvelle fois, comme à chaque fois que l’on fait face à un problème, on crée un impôt et tout le monde approuve.
Que pensez-vous du président français sur la scène étrangère ? Il est très présent et toujours en mouvement. Estce dans le bon sens ? C’est une autre affaire. Je suis très réservé sur ce qui s’est passé en Géorgie. Cette intervention militaire russe, contrairement à ce qui a été dit, était soigneusement préparée. Or,Nicolas Sarkozy, quand il se rend sur place pour tenter de régler le conflit, prononce cette phrase incroyable : « La Russie a le droit de défendre les Russes et aussi les russophones à l’extérieur de ses frontières. » C’est une phrase qui légitime en fait l’intervention. Ensuite, dans le plan proposé, le respect de l’intégrité territoriale de la Géorgie est absent, passé sous silence. Au fond, cet accord est avant tout l’accord Medvedev. C’est d’ailleurs comme cela qu’il est nommé, avec raison, en Russie.
Que pensez-vous de la présence française en Afghanistan, après la perte de dix de nos soldats ? Le 22 septembre, je voterai en faveur des engagements internationaux de la France, que nous nous devons de respecter. Reste un sujet central : comment assurer la sécurité de nos troupes ? Ont-elles le matériel convenable pour être protégées dans des circonstances similaires ? Sont-elles équipées comme une armée moderne doit l’être sur un terrain aussi dangereux ? Ont-elles le matériel d’observation nécessaire, la capacité en hélicoptères ou en drones ? Plus d’une centaine de talibans avec des armes lourdes guettaient nos soldats, nous dit-on, sur un terrain parfaitement dépouillé. Cela ne se camoufle pas aussi facilement… Le pays s’est engagé, mais il s’est engagé aussi à équiper ses hommes sur le terrain pour leur permettre de se protéger.
Vous avez également critiqué la décision de la France de rejoindre le commandement militaire intégré de l’Otan… C’est une décision grave qui signifie que l’on tire un trait sur les cinquante années diplomatiques que nous venons de vivre, où la France était dans l’Alliance, sans être liée et en gardant sa personnalité. Revenir dans l’Otan, c’est dilapider cet héritage. Rentrer dans le rang. Comme nous n’avons pas de puissance économique ou militaire irrésistible, au moins devrions-nous conserver notre force morale. C’était la ligne du général de Gaulle : dire non aux empires pour éviter de devenir leurs otages. Ce n’est pas la vocation de la France d’être toujours d’accord avec les plus puissants. Sans doute n’a-t-on pas maîtrisé le passage de la flamme olympique à Paris.Mais cette multiplication d’ambassades pour s’excuser platement auprès de Pékin, en alignant remords et regrets, ne nous a pas servis aux yeux des Chinois, qui détestent perdre la face mais qui ne sont pas bienveillants avec ceux qui acceptent de la perdre en face d’eux. Réintégrer l’Otan, c’est dire aux Américains : “Si nous exauçons votre souhait, nous permettrez-vous de faire la défense européenne ?”. C’est se placer symboliquement en situation d’infériorité.
Vous êtes finalement plus “néocentriste” que centriste. Vos positions, notamment sur l’Otan, n’étaient pas celles défendues traditionnellement par le centre de Jean Lecanuet, dont vous êtes issu… Effectivement. Quand de Gaulle a signifié leur congé aux troupes américaines stationnées en France, j’avais 16 ans, j’étais en première.Ma famille politique en a été choquée. N’oublions pas que nous étions en pleine guerre froide, au summum de la menace soviétique. Le débat n’était donc pas illégitime même si, depuis, les faits ont tranché, et le retrait du commandement intégré a porté ses fruits : en recouvrant sa liberté d’action, la France a pu acquérir une identité originale dans le monde et en même temps remplir toutes les obligations de son alliance.
Je le répète : ce souci d’indépendance, réaffirmé par Jacques Chirac au moment de la guerre d’Irak, appartient désormais au patrimoine historique de la France. Il est constitutif de son identité. Il est une part de l’influence de notre pays en Europe et dans le monde. L’abandonner, c’est appauvrir la France.
Pour en venir à vous, quel bilan faitesvous de ces quinze mois de solitude après votre percée à la présidentielle ? L’épreuve, et notamment celle de la solitude, est, je crois, inévitable quand on aspire à changer l’ordre naturel des choses. De Gaulle, entre 1952 et 1958, se trouve seul, à Colombey, ne venant à Paris que tous les deux mois. En 1951, il avait fait élire 120 députés. Quatorze mois après, ils l’avaient tous abandonné, préférant, comme il disait, l’appel irrésistible de « l’assiette au beurre ». Croit-on que ce fut facile pour lui ?
J’ai la chance d’avoir reçu le soutien de millions de Français qui m’ont donné leur voix et me gardent leur confiance, tous les sondages le confirment. Je pense que cette épreuve est également bienfaisante. Elle permet de remettre les choses dans leur ordre, de regarder le pouvoir avec un oeil dessillé et aussi de mieux mesurer et comprendre les faiblesses humaines… (rires).
Vous organisez ce week-end votre première université d’été, pensez-vous réussir à faire du MoDem un parti de militants ? Le Mouvement démocrate compte d’ores et déjà des dizaines de milliers de militants et nous serons présents à toutes les élections, à commencer par les européennes. Je ne doute pas que ce mouvement s’affirmera, entre l’UMP confrontée à ses résultats et le PS qui est entré dans une crise profonde, à la fois de leadership et d’idéologie, dont je crois qu’il aura du mal à sortir. Ma ligne est très simple : je construis une alternative pour les Français. Parce que la manière dont Sarkozy gouverne et ses choix successifs remettent en question l’identité et la vocation de ce pays. J’exprimerai un autre projet de société dont les valeurs ne seront pas celles du matérialisme et du cynisme.
Persistez-vous à dire que le débat traditionnel droite-gauche n’a plus de sens ? Quand le parti au pouvoir, qui s’était engagé à réduire de 70 milliards les prélèvements, multiplie les impôts nouveaux et s’en prend au capital des plus modestes, applaudi par les socialistes, où est le débat totémique entre la droite et la gauche ? J’ai la conviction que les Français n’accepteront pas qu’on les conduise ainsi à une société dont les valeurs ne sont pas les leurs. Je crois que plus personne ne peut soutenir que la France aspire au socialisme. Je crois que pour les Français, c’est très simple : ils veulent une société humaniste, c’est-à-dire créative, juste et durable. Je suis persuadé que la France est faite pour porter ce projet,particulièrement en Europe, en un temps où les très grandes puissances émergentes, pour ne pas dire conquérantes, comme l’Amérique, la Chine ou la Russie, sont loin de prôner ces valeurs.
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mercredi, 03 septembre 2008
François Bayrou appelle à "un mouvement de refus républicain" à propos du fichier Edvige
François Bayrou appelle les élus français à participer à un "mouvement de refus républicain" du fichier Edvige, en appuyant un recours qu'il dépose devant le conseil d'Etat, dans une lettre dont copie a été transmise lundi à l'AFP. Dans sa lettre, destinée à "tous les maires de France" et qui va également être envoyée aux "conseillers généraux et régionaux", il annonce sa décision de saisir le Conseil d'Etat contre le fichier Edvige, qui autorise notamment un fichage centralisé des élus....
Créé par un décret paru le 1er juillet au Journal officiel, Edvige permet de recenser dès 13 ans des personnes jugées "susceptibles de porter atteinte à
l'ordre public", ainsi que des personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique" ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif".
"Les adresses personnelles, les numéros de téléphone, les adresses électroniques, les signes physiques particuliers, l'immatriculation des véhicules, les informations fiscales et patrimoniales, et toutes les données relatives à l'entourage, aux relations personnelles seront désormais fichées", dénonce François Bayrou. "Plus outrageant encore", les "données concernant l'orientation sexuelle ou la santé pourront être enregistrées "de manière exceptionnelle" ", ajoute-t-il.
Devant une telle "dérive", le député des Pyrénées-Atlantiques devait saisir lundi le Conseil d'État. "Mais j'ai la conviction que seul un mouvement de refus républicain peut faire barrage à une décision déjà prise", ajoute-t-il dans sa lettre. "Un recours au Conseil d'État aurait un poids accru s'il était appuyé par un
grand nombre d'élus ou d'anciens élus".
21:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
François Bayrou votera la poursuite de l'intervention française en Afghanistan
François Bayrou a déclaré aujourd'hui à la presse qu'il voterait en faveur de la poursuite de l'intervention française en Afghanistan, le 22 septembre à l'Assemblée nationale. "La décision qui a été prise de maintenir notre participation à l'action internationale (en Afghanistan), oui je la voterai", a-t-il déclaré lors du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France. "J'ai, à l'époque, approuvé la décision qu'avait prise conjointement Jospin et Chirac de se joindre à cette opération et la France, je le pense, doit tenir ses engagements, à condition qu'elle donne à ses soldats les moyens de leur sécurité", a-t-il ajouté. Un débat suivi d'un vote aura lieu le 22 septembre en séance plénière à l'Assemblée nationale et au Sénat, sur la prolongation de la présence militaire française Afghanistan. François Bayrou a par ailleurs évoqué des "zones d'ombre" concernant l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français le 18 août en Afghanistan. "Il m'étonnerait que le gouvernement ignore tous les détails", a-t-il ajouté, réclamant plus de "moyens matériels" pour les forces françaises engagées sur place.
21:46 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Jean-Luc Bennahmias : "Il n'y a pas qu'à Tricastin que la radioactivité fait des siennes !"
"Prolongeant un été français riche d'incidents à ce niveau, notamment sur le site de Tricastin, c'est aujourd'hui à Fleurus (Belgique) près d'un institut de médecine nucléaire, qu'une fuite accidentelle d'iode radioactif, est la source de profondes inquiétudes. Après de bien malheureuses tergiversations, les autorités belges viennent tout juste de reconnaitre la gravité de la situation en interdisant la consommation locale de produits alimentaires de fruits et légumes dans un rayon de 5 km. De même qu'en France, une fois encore, l'opacité se conjugue à l'aspect tardif des mesures élémentaires de précautions. Ceci appelle donc un constat : Tout ce qui touche de près ou de loin au nucléaire mérite une surveillance absolue. Les pratiques relevées, ici et ailleurs, attestent bien malheureusement du contraire." Communiqué de jean-Luc Bennahmias, Vice-président du Mouvement Démocrate et Député européen
21:44 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
l'absence de sanctions contre la Russie, annoncée par l'Elysée
"En annonçant aujourd'hui que le sommet extraordinaire de l'Union européenne (qui doit se tenir lundi 1er septembre à Bruxelles) n'adoptera pas de sanctions contre la Russie, l'Elysée met l'Europe en position de faiblesse et envoie à la Russie un signal d'impunité. Présumer des conclusions du Sommet extraordinaire avant même qu'il ne se soit réuni n'est évidemment pas la bonne méthode. Ce qu'il faut au contraire, c'est que, lundi, le débat ait lieu. Et qu'une position unanime, forte, courageuse soit prise. Ce qu'il faut, c'est que l'Europe parle enfin d'une seule voix pour dire à la Russie que son attitude est inacceptable. Si l'Europe annonce à l'avance qu'il n'y aura aucune sanction, elle annule tout effet de son action et manque ainsi à son devoir. " Marielle de Sarnez, Vice-présidente du Mouvement Démocrate et Députée européenne
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Financement du RSA: "les classes moyennes ciblées"
François Bayrou a critiqué jeudi la décision de financer le Revenu de solidarité active (RSA) par une nouvelle taxe de 1,1% sur sur les revenus du capital, qui cible selon lui "les classes moyennes" et "enlève toute logique à la politique du gouvernement". Cette annonce est "révélatrice des hésitations et des incertitudes de la politique suivie par Nicolas Sarkozy", a-t-il déclaré. "C'est, si je compte bien, le 7e ou 8e impôt supplémentaire créé depuis quelques mois", a-t-il souligné en citant "la taxe sur les mutuelles, la taxe sur les complémentaires santé, la taxe sur l'intéressement, la contribution transport des entreprises, la taxe sur le poisson, les franchises médicales". "C'est évidemment en contradiction directe avec les promesses qui avaient été faites par Nicolas Sarkozy". "Deuxièmement, cette taxe n'est pas une taxe sur le capital, c'est une taxe sur les épargnants", et sur "les locataires qui en bout de chaîne devront assumer la part de la taxe" sur le foncier, a-t-il souligné. "Ce sont les classes moyennes qui vont être ciblées". "L'existence du bouclier fiscal fait que les plus riches seront mis à l'abri de cette taxe nouvelle", a-t-il souligné. Selon lui, cette décision "enlève toute logique à la politique du gouvernement. On a l'impression que les décisions sont prises au coup par coup, et cela porte atteinte à la nécessaire politique de long terme dont aurait besoin la France".*
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